Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 15:50

La FCPE tient à réaffirmer l’indispensable nécessité d’une formation professionnelle au métier d’enseignant, comprenant une période par alternance entre formation théorique et stages obligatoires d’observation et de pratique accompagnée dans les écoles et établissements. La FCPE ne peut qu’être favorable au principe de la reconnaissance par un diplôme des deux années de formation dispensées à l’IUFM. Néanmoins, la réforme telle que présentée jusqu’ici aboutit en fait à une réduction voire un démantèlement de cette formation professionnalisante ; elle ne saurait répondre aux défis de l’Ecole pour la réussite de tous, d’autant que la crise sociale et économique impose d’autres choix.

 

Plus que jamais, dans le contexte actuel, la formation doit donc être considérée comme un investissement et non un coût !

 

Si la formation des enseignants intéresse au plus haut point les parents, c’est parce qu’elle conditionne la réussite effective de nos enfants et le dialogue nécessaire entre les parents et l’Ecole. Il n’est pas envisageable pour nous, parents d’élèves, de confier nos enfants à des enseignants qui n’auraient pas été formés correctement à la pratique de leur métier. Et qui, en particulier, ne maîtriseraient pas les techniques de transmission des connaissances et les bases requises en psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Et en premier lieu la capacité à faire une distinction entre dispenser un savoir et s’assurer de ce que les élèves ont véritablement acquis. Ce point pose en particulier la question de l’évaluation du travail des élèves et celle de la formation des enseignants à ces problématiques.

 

La FCPE est favorable à l’objectif réaffirmé d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Il faut pour cela poursuivre la démocratisation de l’enseignement secondaire afin d’assurer une progression globale des élèves. Cette progression, et en particulier celle des élèves les plus en difficulté, n’est, selon toutes les études publiées, nulle part mieux assurée que dans des classes hétérogènes. Or, la prise en charge de l’hétérogénéité des classes est précisément l’un des points sur lequel achoppent les enseignants, en particulier débutants, comme le montrent divers rapports et enquêtes sur les pratiques des enseignants et l’approche du métier par les plus jeunes d’entre eux. 

 

Apprendre à gérer une classe hétérogène ne peut se faire que par une solide formation initiale et un  accompagnement continu tout au long de la profession. Travailler en classe hétérogène ne peut s’apprendre dans des livres - pas plus qu’un acte infirmier par exemple - ou des « mini » stages dans l’unique objectif d’obtenir un diplôme.

 

Les classes hétérogènes restent indispensables dans le premier comme dans le second degré, et rendent incontournable une formation solide des enseignants à la pédagogie et la psychologie de l’enfant.

 

Il est tout aussi indispensable que l’enseignant soit formé et rodé aux processus d’accompagnement individuel au sein du groupe classe et au processus de dynamique de groupe. Cette alternance entre accompagnement individuel et accompagnement groupe sera d’autant plus profitable aux élèves, si l’enseignant aura été formé à la méthodologie de projet adapté à la pédagogie. En effet, c’est à travers des projets collectifs, que « l’individu élève » trouvera les outils pour se projeter lui-même dans le futur.

 

Plus globalement, la FCPE réaffirme la nécessité d’un tronc de formation commun à l’ensemble des personnels enseignants et d’éducation, qui doit s’acquérir en IUFM. Elle ne peut qu’observer aujourd’hui une tendance toujours plus lourde au cloisonnement des enseignants par discipline et à un regrettable creusement des écarts entre la formation et les pratiques des enseignants entre le premier et le second degrés.

 

Ceci ne permet pas une réelle continuité pédagogique et, en particulier, ne peut qu’accentuer les difficultés des élèves à l’entrée en 6ème. Œuvrer dans le sens d’une formation commune aux enseignants des différents degrés est plus que jamais nécessaire.

 

Enfin, atteindre 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat doit rester un des objectifs de l’Education nationale mais ne peut être son unique critère de réussite. L’Education nationale doit à la fois remplir cet objectif mais aussi celui d’amener 50% d’une classe d’âge à être diplômé de l’enseignement supérieur tout en ne laissant aucun jeune sortir sans qualification du système éducatif.

 

Cela passe par une indispensable transformation en profondeur de toute la pédagogie de l’Ecole, à tous les niveaux, afin de mieux prendre en compte les difficultés des élèves et y apporter des réponses. Cela nécessitera donc plus de compétences pédagogiques et psychologiques pour les enseignants, quelque soit le niveau d’enseignement.

 

La FCPE ne considère pas avoir à se prononcer sur un certain nombre de questions posées par la réforme de la formation des enseignants. Il n’entre a priori pas dans ses prérogatives, par exemple, d’intervenir dans le débat sur le statut des enseignants (prérogative qui relève de leurs syndicats), sauf bien sûr, dans l’hypothèse où ces sujets peuvent avoir des conséquences sur les contenus et la façon dont sont prodigués les enseignements aux élèves.

 

Mais elle considère qu’enseigner est un métier complexe qui nécessite la mise en œuvre de compétences de haut niveau dans différents domaines (scientifique, didactique, pédagogique, éducatif, institutionnel, éthique, déontologique...). Ainsi la formation des enseignants doit-elle prendre en compte l’ensemble des apports possibles tout en étant irriguée par la recherche.

 

Enseigner ne se limite pas à la transmission des connaissances et à la maîtrise des savoirs disciplinaires - ce qui doit être acquis à l’université - mais comprend également les compétences spécifiques pour animer une classe, construire des partenariats, développer des projets éducatifs, travailler en équipe, tout en renforçant une pratique déontologique du métier.

 

La spécialité d'un enseignant n'est pas la ou les disciplines enseignées mais l'enseignement de cette ou ces disciplines, ce qui suppose, bien entendu, la maîtrise de celle(s)-ci, mais pas seulement : il doit avoir une formation professionnelle spécifique qui doit être étroitement liée à l'acquisition de la discipline et à la transmission des connaissances.

 

La responsabilité de certifier et de former les enseignants à leur métier incombe à l’Education nationale. L’Education nationale doit former les enseignants et pas seulement les recruter !

 

Le projet éducatif de la FCPE (rédigé en 1997) souligne que « la rapidité des évolutions techniques (la télévision, le multimédia, Internet...) entraîne de profonds bouleversements au niveau même des sources de connaissances, prenant de plus en plus le pas sur l'école en tant que transmetteurs de savoirs. En conséquence, cela conduit l'Ecole à repenser son rôle, la mission des enseignants et les pratiques pédagogiques.

 

Il ne s'agit plus seulement d'enseigner, mais de donner aux élèves la capacité à rechercher, à comprendre, à trier, à hiérarchiser et à organiser les informations qui leur parviennent de sources multiples. "Apprendre à apprendre", donner le goût d'apprendre, construire une capacité d'analyse, d'esprit critique, rendre accessible à tous, les nouveaux outils de communication, sont désormais des objectifs incontournables. »

 

Ainsi, la mise en place de nouvelles modalités d’apprentissage, avec des tableaux numériques interactifs ou toute autre modalité technique qui change le support des enseignements, se heurte aujourd’hui à des pratiques qui rendent nécessaire une formation plus approfondie. Celle-ci ne peut être en totalité reportée sur la formation continue des enseignants qui doit, pour autant, être encore largement développée.

 

En décembre 2006, la FCPE s’était ainsi prononcée favorablement sur l’avis du HCE et la définition d’un référentiel de compétences pour les enseignants, ce qui allait dans le sens d’une reconnaissance du métier d’enseignant et de sa nécessaire professionnalisation.

 

Elle s’était également prononcée en faveur du cahier des charges présenté en CSE à la suite de cet avis. Les 10 compétences qui y étaient déclinées ne sauraient être abandonnées dans un nouveau cahier des charges, indispensable cadrage national pour une formation des enseignants unifiée sur l’ensemble du territoire.

 

L’arrêté du 19 décembre 2006 décline ces compétences pour l’ensemble du corps enseignant, comme suit :

- agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ;
- maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer ;
- maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale ;
- concevoir et mettre en oeuvre son enseignement ;
- organiser le travail de la classe ;
- prendre en compte la diversité des élèves ;
- évaluer les élèves ;
- maîtriser les technologies de l’information et de la communication ;
- travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école ;
- se former et innover.

 

Aucune de ces compétences ne nous semble pouvoir être mise de côté aujourd’hui, pas plus que l’une d’entre elles ne saurait prévaloir absolument sur les autres pour juger de l’aptitude d’un candidat au métier d’enseignant.

 

L’organisation d’une épreuve de « connaissance du système éducatif » au concours pour tous les enseignants et personnels d’éducation est ainsi précisément l’un des moyens de s’assurer de l’acquisition de certaines de ces compétences, mais elle ne saurait suffire. Ces compétences doivent faire l’objet d’une formation continue et d’une évaluation sur le terrain.

 

De même, s’il n’entre pas dans le champ de la FCPE de se prononcer sur la place du concours dans la formation des futurs enseignants, elle s’inquiète toutefois d’un recrutement par concours après 5 années d’études non rémunérées, au lieu de quatre aujourd’hui, qui laissera de côté tous les étudiants qui n’auront pas les moyens financiers de suivre d’aussi longues études.

 

Ceci ne pourrait que nuire à la nécessaire démocratisation du métier d’enseignant, alors que l’Ecole doit absolument être en phase avec la société. Pour cela, l’ensemble des couches sociales doit pouvoir avoir accès au recrutement des enseignants, accès que seuls des pré-recrutements et des aides spécifiques peuvent garantir. Ainsi, la FCPE souhaite la création d’une allocation spécifique pour la préparation aux concours de l’enseignement. Elle estime par ailleurs nécessaire que les périodes de stages qui seront définies soient, elles, rémunérées.

 

Se pose enfin la question du devenir et de l’éventuelle réorientation des candidats recalés au concours ou des admis qui n’obtiendraient pas leur master 2, la particularité d’un concours étant de recevoir les candidats non en fonction de leur niveau de compétences mais en fonction d’un nombre de postes prédéterminé et indépendant du niveau des candidats. Cette question ne peut nous laisser indifférents, parce que les candidats malheureux sont nos enfants et parce qu’il ne saurait être question qu’ils constituent un vivier de remplaçants non formés et non qualifiés.

 

Nous tenons à insister en conclusion sur plusieurs principes qui sont, pour nous, parents d’élèves, incontournables :

 

la nécessité d’une véritable formation des professeurs par l’alternance en début de carrière et une formation continue développée tout au long de leur carrière ;

 

la prise en compte de la diversité sociale et territoriale dans les moyens et les modalités de la formation des enseignants ;

 

la responsabilité de l’Education nationale vis-à-vis de la certification de tous ses personnels travaillant devant les élèves, en particulier les enseignants.

 

 

FCPE, Juillet 2009

Partager cet article

Repost 0
Publié par FCPE 44 - LA MONTAGNE - dans Libre expression
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de FCPE 44 - LA MONTAGNE
  • Contact

Profil

  • FCPE 44 - LA MONTAGNE

Les élus FCPE du conseil local

Les Membres du Bureau

  • Présidente: Marie BIGEARD

  • Trésorier: Philippe LE BERRE

  • Secrétaire: Virginie PRIOU

  • Représentant Collège: Laurent GAILLET

Contact:  fcpe44.la.montagne@free.fr
                 

Recherche

Soyez à 'heure...

Meteo

Meteo La Montagne

Articles Récents

  • La FCPE44 La Montagne se positionne…
    Motion de la FCPE La Montagne concernant la DGH pour la rentrée 2017 La réforme des collèges se met en place cette année, l’enjeu principal étant la réussite de tous les élèves, de tous nos enfants, l’acquisition par tous du socle commun de connaissances,...
  • A vos crayons...
  • Bonne et heureuse année 2017 !
    La FCPE44 de LA MONTAGNE vous présente ses meilleurs voeux pour l’année 2017... ...et vous donne rendez-vous pour continuer d’agir ensemble en faveur d’une école toujours plus solidaire, innovante et bienveillante.
  • C'est déja Noël...
    L'inter conseil de la FCPE44 La Montagne vous souhaite à tous et à toutes de joyeuses fêtes de fin d'année...

L'Agenda des parents

Compteur

GIF...

Montage créé avec bloggif